Dictionnaire des mots pour décrypter les nouveaux horizons de l’amour…, Anne-Caroline Paucot, Éditions Propulseurs, 2016.

Sélection:

Algomatching : L’algomatching est une suite d’opérations mathématiques effectuées à partir de données personnalisées. Ces calculs fournissent une liste de partenaires au demandeur. Pour effectuer son algomatching, le chercheur d’amour coche différentes cases. En quelques secondes, par la magie des mathématiques, il entre en contact avec le futur élu de son cœur. L’algomatching est la baguette magique de la rencontre. Elle transforme tous les chercheurs en trouveurs d’amour. Grâce à l’algomatching, les cœurs s’unissent. Si le principe théorique de l’algomatching est d’une simplicité heureuse, sa mise en pratique n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

Biosextek : Le biosextek est une sexualité augmentée. Le couple utilise des objets connectés, de la réalité virtuelle et autres technologies pour augmenter son plaisir. Il s’équipe de puces, capteurs, microrobots pour se reproduire. Le biosextek se situe entre le biosexe (le sexe avec uniquement les outils fournis à la naissance à l’homme et à la femme) et le téloving (sexe à distance médiatisé par des technologies).

Botamourer: On botamoure lorsqu’un humain et un robot signent un contrat d’union à durée déterminée ou indéterminée. Ce contrat est négocié par un tutoboteur, ou un professionnel qui représente les robots. Fidélité, reproduction, apports financiers… Le contrat intègre des droits et des devoirs pour le fabricant. On batamoure souvent lorsqu’on a connu une forte déception amoureuse avec un humain. Pour de nombreux scientifiques, le botamourage (mariage avec un bot, ou robot) est considéré comme l’expression d’une dépression.

Caméléoner: Caméléoner vient de « caméléon ». Ce reptile exprime ses émotions en changeant de couleur. Vert dans les feuillages, il peut devenir pâle d’inquiétude ou noir de colère. L’homme n’ayant pas ces pouvoirs, il utilise des artifices technologiques pour montrer ses émotions ou parader. On caméléone avec des robes, des chaussures, des tatouages, qui modifient leurs couleurs ou leurs formes en fonction des émotions, de la musique ou de la pollution. La pratique du caméléonage a une visée séductrice. Contrairement au caméléon, on caméléone pour attirer les regards, et en particulier celui d’un partenaire potentiel.

Colliance : La colliance est un anneau connecté qui permet de géolocaliser et d’échanger avec son partenaire. Le dispositif ne pouvant pas être déconnecté, le conjoint ou compagnon sait en permanence où son partenaire se trouve. La colliance peut être équipée d’un micro et d’une caméra. Dans ce cas, le partenaire peut visualiser l’environnement et suivre les conversations à distance.

Ephimiriage: L’éphimiriage est un contrat unissant un couple pour une durée courte. Au terme de ce contrat, le couple peut le renouveler. Les partenaires font des amendements au contrat initial ou décident de le transformer en contrat à durée indéterminée. L’éphimiriage est un contrat personnalisé. Il peut prévoir la vie intime, la répartition budgétaire, l’organisation du temps libre… L’objectif est d’envisager tous les litiges afin de faire l’économie des disputes quotidiennes. Si le couple a des enfants, des avenants parentaux sont prévus. Ils tiennent compte du type de parentalité : biologique, sociale, beau-parentalité, adoptive, homoparentalité…

Fantomour : Le fantomour est un partenaire virtuel qui adopte le comportement social de l’amoureux. Il vous téléphone, vous envoie des messages enflammés, des photos suggestives… Le célibataire construit son fantomour. Taille, âge, prénom, profession, caractéristiques physiques, lieu de la rencontre… Il lui donne une existence. À partir de ces données, l’amant virtuel interagit avec le célibataire. Il lui envoie un message simple du genre « chéri, n’oublie pas le pain ». Il crée une vidéo de vacances avec incrustation du fantomour. La relation est construite par un service spécialisé, puis automatisée. Le célibataire peut intégrer des données modifiant le programme. Le fantomour sert à faire imaginer aux proches l’existence d’une vie amoureuse.

Mainneter:  On mainNete quand la demande en mariage est visible sur les réseaux sociaux. Amis ou inconnus doivent pouvoir réagir par des encouragements ou des critiques. L’intime est public. Twitter, Facebook, YouTube, Instagram, les jeux en ligne… On peut mainNeter sur tous les réseaux.

Péchope: La péchope est un dispositif qui permet d’identifier les célibataires présents dans votre entourage. Basée sur la géolocalisation, la péchope fonctionne comme le détecteur de métaux. L’intensité du bip augmente lorsqu’on s’approche. Lorsque le signal est au maximum, on découvre le célibataire. On peut alors entrer ou non en contact avec lui. Certaines péchopes projettent des flèches sur le sol qui permettent de se diriger vers l’âme sœur

Photolifer : Photolifer est une pratique en analogie avec le logiciel de retouche d’images Photoshop. Elle consiste à retoucher sa vie pour la rendre plus attractive.

Publimour: Le publimour est un espace publicitaire public destiné à faire la publicité de son amour à l’élu de son cœur. Le publi­mour utilise la géolocalisation du smartphone. L’affichage se déclenche lorsque la personne à qui est destiné le message est à proximité. Il peut être complété par un message diffusé sur le smartphone.

Rupteur: Le rupteur intervient lorsqu’une personne veut interrompre une histoire amoureuse et qu’elle n’a pas le temps ou le courage de gérer la séparation. Le rupteur annonce la mauvaise nouvelle et canalise les réactions de la personne congédiée. Le rupteur utilise tous les outils d’échange du couple : mails, réseaux sociaux, SMS, téléphone…

Suppramour: Le suppramour est la pilule du lendemain des amours malheureuses. Elle supprime tous les chagrins et peines de cœur, et rend la vie douce et légère. Le suppramour doit être pris tant qu’on accorde de l’importance à l’être aimé. Son effet n’étant garanti qu’avec le temps, des esprits critiques considèrent que c’est un placebo.