A lire ici:  http://www.elle.fr/Societe/Le-travail/Reussir-au-boulot/Entrepreneuriat-feminin-le-financement-en-10-chiffres-cles-3682076

44%

Près de la moitié des dirigeantes (44%) estiment que les échecs de création d’entreprise s’expliquent par le manque de financement. A titre d’exemple, les banques refusent deux fois plus souvent un crédit à une femme qu’à un homme entrepreneur (4,3% vs 2,3%)*. Bon à savoir : « Les petits financements en dessous de 16 000 euros n’intéressent pas les banques », rapporte Pauline Casaux, en charge des publics prioritaires chez l’Adie, l’association spécialiste dans les microcrédits. A noter également : en France, en 2006, l’Etat a mis en place un dispositif pour faciliter leur accès au financement, appelé le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF). Il est attribué pour la création ou la reprise d’une entreprise de moins de 5 ans et garantit des prêts bancaires de 5 000 à 45 000 € sur une période de deux à sept ans. En 2016, le FGIF a accompagné 2 382 cheffes d’entreprises pour un montant total de 70 millions d’euros.

14,5%

C’est le pourcentage de start-ups dirigées par des femmes qui ont levé des fonds en 2017, contre 13% en 2016, selon le  baromètre StarHer KPMG 2018. « C’est un chiffre encore très faible mais cette progression de 1,5% montre une tendance à la hausse qui devrait perdurer au cours des prochaines années, même s’il faut qu’elle s’accélère ! », commentent Audrey Soussan, directrice d’investissements au sein du fonds Ventech et Nicolas Beaudouin directeur développement KPMG Paris.

56%

C’est le pourcentage de femmes qui s’autocensureraient en ne demandant pas d’aide à leur banque,  selon une étude BNP Paribas réalisée sur 300 clientes qui développaient leur entreprise en février 2017. Ce que la banque analyse comme un manque de confiance ou d’ambition. « Les femmes sont plus prudentes, pas moins ambitieuses ! », s’agace Audrey Soussan, du fonds d’investissement Ventech. « Il faut arrêter avec cela, confirme Martine Lin, vice-présidente de Réseau Femme Business Angels. Les femmes sont parfois plus mesurées dans leur projet et ont besoin d’étudier avec précision le marché avant d’aller demander des fonds. Elles sont loin d’être moins ambitieuses. »

45%

L’Adie, association spécialiste du microcrédit, c’est-à-dire des petits financements pour créer ou développer une entreprise, finance 45% de femmes dans la création de leur boîte et veut atteindre la parité très prochainement. « Il n’y a pas de « Package femme » pour financer la création ou le développement d’une entreprise, explique Pauline Casaux. Mais nos salariés sont sensibilisés aux difficultés que les entrepreneures rencontrent et s’intéressent à leur parcours autant qu’à leur projet. » En 2017, 37% de femmes ont souscrit un microcrédit de 2000 euros chez l’Adie contre 25% d’hommes. Elles sont 77% à être toujours en activité après trois ans. Un taux nettement supérieur à la moyenne nationale qui est de 66%.

70%

Les entrepreneur(e)s sont-ils tous égaux, au démarrage de leur boîte ? 70% des dirigeants femmes et hommes financent leur entreprise avec leur argent personnel, selon l’OCDE, Facebook et la Banque mondiale sur l’accès au financement des femmes pour leur entreprise.

7%

Sur la somme totale d’argent levée par des start-up auprès d’investisseurs, seulement 7% a été levé par des femmes, en 2017. Soit 142,5 millions d’euros. L’entreprise Frichtia, par exemple, levé 30 millions d’euros en 2017. Cette start-up cofondée par Julie Bijaoui était déjà l’entreprise qui avait levé le plus de fonds, 12 millions, en 2016. Le montant levé par les start-ups dirigées par des femmes a gagné 13% par rapport à l’année 2016 mais augmente toujours plus lentement que le marché global. « Leur démarche, c’est souvent de demander des montants moins importants que les hommes, pour ajuster ce financement un peu plus tard », argumente Audrey Soussan.

60%

C’est la part d’argent récoltée par des entreprises dirigées par des femmes sur la plateforme de financement participatif SoWeFund en 2016. Selon une étude de Fundme.fr, les gens qui financent des projets sur les plateformes de financement participatif se répartissent de façon assez équilibrée entre femmes (40%) et hommes (60%). Rien de comparable avec les investisseurs Business Angels qui ne comptent que 10% de femmes.

20%

C’est la part de financement que les entreprises créées par des femmes reçoivent par le biais du Corporate Venture, des fonds des grands groupes qui investissent dans des sociétés innovantes. « Lorsqu’une innovation apparaît sur le marché (numérique, digitale), si un grand groupe veut l’acquérir, il va commencer par investir dans l’entreprise qui la développe pour parfois l’intégrer par la suite », éclaire Audrey Soussan. Contrairement aux fonds traditionnels où les investisseurs sont majoritairement masculins, le Corporate Venture, comme le financement participatif, compte des profils d’investisseurs plus divers. « Dans les fonds traditionnels, ce sont souvent des hommes qui ont l’habitude de voir pitcher des hommes. Joanna Kirk, co-directrice de StartHer, ajoute que « le financement participatif et le Corporate Venture Capital sont deux méthodes complémentaires qui interviennent à des moments différents dans la création et le développement d’une entreprise. »

TOP 3 DES INVESTISSEURS EN 2018

BPI France est globalement le fonds qui investit le plus en France donc il est normal de le retrouver en première place de ce top 3. Il a concrétisé 16 investissements dans des start-up dirigées par des femmes comme « Dans ma culotte » avec un investissement moyen de 1 millions d’euros**. Idinvest Partners, deuxième du top 3, a investi dans trois entreprises comme Frichti ou DAMAE Medical avec un investissement moyen de 13 millions d’euros. L’association d’investisseurs Business Angels Grandes Ecoles a effectué, pour sa part, trois investissements dans FABER.PLACE, Telegraphik et Voxayaavec un investissement moyen de 160 mille euros.

10%

90% des investisseurs Business Angels c’est-à-dire des personnes qui investissent à titre individuel au capital d’une entreprise innovante, à un stade précoce de création ou en début d’activité, sont des hommes, pour seulement 10% de femmes. En 2014, elles n’étaient que 6% dont la majorité est représentée par les  Femmes Business Angels. « C’est vrai que les hommes sont toujours les plus présents dans les investisseurs, mais nous allons dans le bon sens, raconte Martine Lin, de FBA qui compte ouvrir outre la région parisienne des relais en Rhône-Alpes, Aquitaine et dans le Nord. Ce sont vraiment des territoires dynamiques pour l’entrepreneuriat féminin et les acteurs de ces écosystèmes sont aussi mobilisés comme les incubateurs de start-ups. »

0,4 % PAR AN

Ce serait le pourcentage de gain de croissance par an, en France, si autant de femmes que d’hommes créaient leur entreprise, selon une étude de l’OCDE. Si ces proportions étaient respectées, cela pourrait même créer près de deux millions d’emplois en vingt ans. « La mixité c’est l’avenir des bons projets. L’entrepreneuriat féminin fonctionnera le jour où l’on n’aura plus besoin de le nommer ainsi », conclut Martin Lin.

Selon une étude OpinionWay pour la fondation Entreprendre et Axa (janvier