Kim Kardashian herself a annoncé qu’elle arrêtait les autoportraits afin de « vivre un peu plus en temps réel ». Le selfie est aussi en voie de disparition à Goa où une société veut installer des zones anti-selfies par sécurité. Mais peut-il vraiment disparaître ? Pour Bertrand Navain, auteur de Selfie(s). Analyses d’une pratique plurielles, cela peut évoluer : « aujourd’hui, il signifie que l’on se rend disponible pour l’autre : il induit donc un oubli de soi total (et du sens du ridicule) car nous sommes dans un rapport encore binaire et caricatural. Mais si l’on en croit la théorie de Sherry Turkle, anthropologue au MIT, selon laquelle l’utilisation de toute invention est d’abord excessive avant de s’apaiser, la pratique du selfie tend à se mesurer. » À quoi ressemblera-t-elle dans le futur ? « Ce désir de se partager à l’autre peut évoluer en metrics. On pourrait par exemple, s’envoyer les enregistrements de notre pouls comme témoins émotionnels de ce que l’on est en train de vivre », suggère Bertrand Navain. D’ici là, on mise tout sur la nouvelle pause « migraine » (sourcils froncés et doigts crispés sur les tempes) qui est en train de détrôner la duck face.

Et sinon : angoisse du turfu ? On télécharge l’appli Huji qui filtre les photos façon appareil photo jetable (remember les reportages foirés de classe de nature).