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A l’occasion du salon Paris pour l’emploi, Orange a mis en place un escape game dans le but de trouver ses futurs salariés.

Pour trouver un emploi aujourd’hui, « traverser la rue » ne suffit pas forcément. Il faut aussi savoir faire preuve de logique, de sens du collectif et d’esprit d’initiative ! C’est en tout cas l’ambition du géant des télécommunications Orange qui a mis en place une opération particulière : la filiale francilienne de l’ex-opérateur historique a décidé d’intégrer un escape game à son processus de recrutement. A l’occasion du salon « Paris pour l’emploi », les organisateurs de l’événement Carrefours pour l’emploi se sont ainsi associés à la société Happy Hour Escape Game pour concevoir une session de recrutement inédite qui se tient ce jeudi.

« En faisant de la veille, on s’est aperçus que de plus en plus de société choisissaient des escapes games pour leurs opérations de team building, explique Véronique Raguénès, en charge des relations extérieures pour Carrefours pour l’emploi. « On s’est dit que ça serait une bonne idée de l’intégrer à l’univers des ressources humaines et on a trouvé un partenaire qui avait développé un jeu dans cette optique. »

« Il ne peut pas tricher dans ce contexte »

« L’idée n’est pas d’enfermer les gens dans une salle, mais de les mettre face à des malles de jeux avec des énigmes particulièrement conçues pour le recrutement. Les énigmes sont conçues pour identifier des traits de caractère des candidats », éclaircit encore la communicante. Le projet a déjà été testé en mars sur des étudiants avant de voir le jour en grandeur nature ce jeudi, place de la Concorde.

« Au-delà de la pertinence de la façon de recruter le candidat. On teste le candidat en direct, il ne peut pas tricher dans ce contexte. Cela permet de mieux jauger le potentiel du candidat » enchaîne la spécialiste de l’emploi. Pendant « l’aventure » le candidat est donc observé par le recruteur qui peut occasionnellement l’aider dans les énigmes. Mais le but du « jeu » est surtout de dresser un profil plus précis du candidat en situation avec une véritable grille de lecture. Quatre types de qualités sont ainsi « scannés » lors de l’escape game : le comportement individuel (confiance en soi, capacité d’observation, logique, contrôle émotionnel, concentration), la communication (aisance, capacité d’écoute, verbalisation), l’attitude face à l’inconnu (réaction face à la difficulté, progression intellectuelle) et le positionnement au sein du groupe (leadership, bon équipier, volonté du collectif).

A l’issue de la partie, les candidats se retrouvent pour 20 minutes de débrief collectif, et d’auto critique. « Il y a des gens très bons en entretiens, mais mis face à l’épreuve, certains perdent pied, on peut déceler des choses et éviter un mauvais recrutement » conclut Véronique Raguénès.

Un éclairage sur le « savoir être »

Côté Orange, on se félicite de ce choix innovant. « Quand vous recrutez des jeunes, ils sont assez sensibles à des méthodes plus ludiques, plus coopératives », confie Geoffroy Fourgeaud, directeur des ressources humaines Orange Ile-de-France. Selon lui, « avec le face-à-face dans un entretien, on obtient toujours un peu le même résultat». L’escape game permet d’avoir « un éclairage sur le savoir être, comment les candidats fonctionnent dans un groupe», précise le spécialiste RH.

Hors de question toutefois de faire de ce jeu l’alpha et l’omega du recrutement. « C’est un élément de décision parmi tant d’autres, c’est un complément au processus de recrutement en général », précise ainsi le dirigeant.

La dimension ludique de ce mode de recrutement semble séduire les entreprises qui ont beaucoup sollicité Carrefours pour l’emploi lors du salon.