#Avoir, #Argent et #Apparence. Voilà les trois mots qui définissent le bonheur pour les 15-18 ans selon une enquête du cabinet Occurrence.

 

Superficiel, vous avez dit superficiel ? Crouler sous le cash, être connu.e.s dans le monde entier et avoir un physique de rêve quitte à passer sous le bistouri : voilà à quoi rêvent les jeunes Français.es. Inquiétant pour ne pas dire flippant ?

 

Une enquête du cabinet d’études Occurrence réalisé avec Malene Rydahl, l’auteur de plusieurs ouvrages comme Heureux comme un danois (Grasset, 2014, J’ai Lu 2015) et Les 5 pièges du bonheur (Flammarion 2017, J’ai Lu 2018) a cherché à préciser la définition que les jeunes âgés de 15 à 18 ans, ont du bonheur. La conclusion de ce sondage effectué en juillet dernier auprès de 1036 répondants peut se résumer en trois lettres : AAA pour #Avoir, #Argent et #Apparence.

 

 

Un job oui mais pour gagner gros

 

Ces futures adultes sont , avant toute chose, extrêmement matérialistes. Pour eux, la clé du bonheur est le cash. 71% des jeunes pensent ainsi qu’être riche rend heureux et 1 adolescent sur 3 juge que l’argent lui permettra d’être heureux à 30 ans. Leur futur emploi doit donc être, pour eux, extrêmement rémunérateur et il doit les aider à devenir célèbre.

 

Beaucoup souhaitent ainsi travailler dans les réseaux sociaux et devenir instagrameurs, influenceurs ou youtubers. Le métier d’avocat séduit aussi de nombreux mineurs. « Je ne m’attendais pas à ce que l’argent soit aussi puissant auprès des 15-18 ans », reconnaît Assaël Adary, président d’Occurrence. Pour être « rich et famous », la génération Z estime aussi devoir être « belle ». Et le moins que l’on puisse dire, est que les jeunes ne sont pas satisfaits de leur apparence.

 

 

Vive la chirurgie esthétique

 

Seuls 7% des adolescent.e.s se trouvent tout à fait belles ou beaux. Pour corriger leurs petits défauts ou plus si affinité, 40% des filles aimeraient faire au moins une opération esthétique. 20% des garçons souhaiteraient, eux aussi, passer sous le bistouri d’un chirurgien plastique. La beauté est pour ces jeunes étroitement liée à la notion d’être sexy. « Leur vision de l’apparence est très sexuée », confirme Assaël Adary.

 

50 % des jeunes Français et 40% des Françaises jugent également que le pouvoir rend heureux. Mais quand on leur demande quelles sont les personnalités qui incarnent cette puissance, les sondés citent à 92% des hommes et à 8% des femmes. Parmi les rares modèles féminins mentionnés, Kim Kardashian, Rihanna et… la reine d’Angleterre composent le trio de tête. Chez les hommes, Donald Trump et Kim Jong-un arrivent en tête, loin, très loin devant Emmanuel Macron. pourtant, les 15-18 gardent, sur d’autres points, une vision assez classique du bonheur : deux adolescents sur trois souhaitent ainsi fonder 
une famille et/ou obtenir un bon travail quand ils souffleront leurs 30 bougies.

 

Cette enquête montre à quel point les mineurs sont totalement centrés sur eux-mêmes et attachés à des valeurs superficielles comme l’argent et l’apparence physique. « Cette génération est ambivalente car « Ils veulent la « Thune et la Fame » comme le clame la chanteuse Angèle dans son tube « La Thune » qui pourrait être l’hymne de cette génération », analyse le président d’Occurrence « Ils souhaitent toutefois asseoir cette célébrité et cette aisance financière sur un socle familial assez traditionnel ». Cette volonté d’être riche, beau ou belle et connu.e peut parfois plonger les 15-18 ans dans une profonde détresse.

 

 

Le mal-être guette

 

« Il existe une forte croyance notamment chez les jeunes suivant laquelle la recette du bonheur serait directement lié à la beauté, l’argent, le pouvoir et la célébrité », résume Malene Rydahl « Cela crée beaucoup de souffrances et de mal-être. Il semble donc urgent de faire la lumière sur les plus grand leurres de notre époque pour y voir plus clair et poser la question essentielle : « c’est quoi réussir sa vie ? », pour ne pas se tromper de bataille ». A trop se regarder le nombril, on finit par oublier le monde qui vous entoure.

 

« Où que l’on cherche dans les conclusions de notre enquête, on ne perçoit chez les jeunes aucune quête de sens », constate, un rien dépité, Assaël Adary « ainsi, les enjeux environnementaux, sociaux et éthiques ne les préoccupent pas du tout ». Les réseaux sociaux n’ont décidément pas que du bon…