A lire ici (abonnement) : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/02/05/du-coup-de-massue-a-la-renaissance-comment-les-collapsologues-se-preparent-a-la-fin-de-notre-monde_5419256_3244.html

De plus en plus de citoyens adhèrent aux théories de l’effondrement, qui annoncent la fin de notre civilisation industrielle. La prise de conscience est parfois douloureuse.

« Avant », quand Ingrid se levait, elle s’installait dans son coin de jardin de banlieue parisienne et écoutait les mésanges zinzibuler au petit matin. « En l’espace de cinq ans », les matins de cette mère de famille de 44 ans sont devenus silencieux. « Le ciel s’est vidé », déplore celle qui a mis du temps avant de le réaliser pleinement.Il a fallu attendre la lecture dans Libération d’une tribune du mathématicien Yves Cochet, éphémère ministre de l’environnement du gouvernement Jospin, pour que « la prise de conscience s’opère ». Cette chargée de vulgarisation scientifique dans un musée parisien se souvient très précisément du jour : le 4 novembre 2018. A peine réveillée, smartphone en main, Ingrid lit attentivement le texte du militant écologiste, qui prédit « la fin du monde tel que nous le connaissons (2020-2030). » « J’ai réalisé que l’effondrement de notre société était déjà en cours, comme si je voyais d’un coup le mur dans lequel on était en train de foncer », résume la quadragénaire, qui milite pourtant à Greenpeace depuis plusieurs années.

A l’instar d’Yves Cochet, de nombreux théoriciens, regroupés sous le nom de « collapsologues » étudient depuis plusieurs années l’effondrement possible de notre civilisation industrielle. Adoptant une démarche transdisciplinaire, ceux qui s’identifient désormais comme les « effondristes » établissent une interconnexion de toutes les crises : écologique, financière, sociale, politique, culturelle, qui risquent d’intervenir en cascade. Hier cantonné aux milieux universitaires et militants, ce discours d’un effondrement généralisé est devenu de plus en plus audible auprès du grand public, notamment depuis la publication en 2015 du livre Comment tout peut s’effondrer, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Article réservé à nos abonnés